La rue Roubo


Mont père aimait son travail et s’y consacrait à fond.

Ses ateliers étaient situés 6, rue Roubo dans le xie arrondissement de Paris. Ce n’était pas très grand, mais ce dont je me rappelle c’était que l’endroi était très noir et plein de cambouï... Il y avait une grande pièce quand on entrait, sur la droite une pièce qui faisant office de bureau. A l’intérieur, il y avait ce bureau en bois que je possède encore, celui qui est mal foutu, celui qui est trop bas et devant lequel on ne peut jamais s’assoir correctement quand on veut y travailler...

A gauche, et partout, il y avait des casiers en bois très foncé, avec plein de chose à l’intérieur, des boîtes rouges dans lesquelles étaient rangés les trains, que ce soit en boîte unitaires ou en boîte coffret... des voitures voyageur peintes et sérigraphies en train d’être montées, et au milieu de la pièce, un réseau très spartiate... sans aucun décor bien entendu juste trois ovales concentriques où pouvaient circuler des trains pour essayage ou pour réparation...

Au fond, il y avait une sorte de mézanine sur laquelle était disposé un énorme balancier de 13 tonnes... lequel servait à l’emboutissage des pièces et à plein d’autres opérations dont mon père était le spécialiste.

Ce qui était rigolo, c’était les chutes qui restaient de la découpe, c’était souvent en laiton et donc très brillant et cela nous attirait beaucoup avec ma sœur... mais cela nous était interdit d’y toucher car c’était coupant et plein d’huile !

Alors avec ma sœur nous nous rabations dans le bureau et nous nous amusions beaucoup avec la roue encreuse sur laquelle était placées des numéros qui servaient à faire les références sur les boîtes en carton, et aussi avec la perforatrice noire.

A cette époque, l’entreprise devait embaucher deux ou trois personnes en plus de mon père. Un jour, cela devait être les vacances, ou du moins ma mère avait sans doute du insister pour que nous y allions. Nous voilà donc parti de la Garenne dans la 4 cv familiale noire avec la galerie chargée, le coffre plein et le poisson rouge dans un bocal à cornichon que maman tenait entre ses jambes... ma sœur et moi derrière, sans doute déjà en train de nous chamailler... bref un départ en vacances dans la plus pure tradition... pourtant ce matin là, notre père toujours très distrait, il est vrai, oublia notre destination champètre... et se dirigea comme à son habitude à son atelier rue Roubo.... Ceci facha maman... et une histoire de plus à raconter !

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