La Roneo


Quelle magie pour moi que cette machine. Elle servait à imprimer les modes d’emplois, les bons de garantie et tout plein de chose...

Elle était très lourde et très volumineuse, et toujours cachée sous un meuble et c’est dommage car si j’avais pu la mettre, seul, sur le bureau, j’aurais fais plein de chose avec... il est vrai que je suis créatif dans les arts graphiques maintenant... alors, soit de me défouller avec cette machine était innée en moi... soit c’est elle qui me donna cette vocation du fait de sa frustration !

Bref, revenons-en à cette machine, et avant d’imprimer quoi que ce soit, il fallait réaliser le stencil. Le stencil était une sorte de papier sec que l’on introduisait dans la machine à écrire en lieu et place du papier. Le fait de frapper les textes, suffisait à perforer le stencil aux endroits de chaque lettre.

Il n’était toujours pas facile de les préparer ces stencils... il y avait souvent des fautes qu’il fallait corriger avec un genre de vernis ressemblant à du vernis à ongle... Dès fois, cela ne suffisait pas à reboucher les trous, et il fallait tout recommencer !

Une fois fini, le stencil était placé sur la Ronéo, il fallait avant tout préparer la machine, retirer son immense couvercle noir, rabattre d’un côté le support de papier blanc et de l’autre le support de papier imprimé. Sur le côté, il y avait une grosse molette et une manivelle qui servait à faire tourner le cylindre sur lequel il fallait accrocher le stencyl... l’attache était d’ailleurs bizarre, pleine de trous selon un positionnement très précis de telle sorte qu’il n’y avait pas de possiblité de se tromper de sens !

Jusque là, tout allait à peu près bien... il fallait maintenant mettre de l’encre ! Celle-ci était fournie dans des gros tubes genre tube de dentifrice... il fallait tourner la manivelle jusqu’à placer en haut de la machine l’endroit précis ou l’on devait mettre l’encre. Le tube pressé et l’encre répandue dans son logement, il fallait tourner la manivelle un certain nombre de tour pour bien répartir l’encre derrière le stencil pour que celle-ci puisse ressortir par les trous de celui-ci et impressionner le papier ! C’est généralement à ce moment là que les problèmes arrivaient... soit l’impession était trop pale, soit la feuille était toute noire, difficile d’obtenir au début le juste milieu. c’était surtout l’encre qui tâchait ! et sa première tâche consistait à en faire justement, et il fallait nettoyer le stencyl sans trop étaler l’encre ni trop insister pour ne pas le déchirer ou le froisser...

Il était rare que tout se déroule sans énervement ! et les ramettes de papier (21 x 27 à l’époque) défilaient... moi j’adorais ça ! Mon père, lui n’était pas un maître imprimeur, mais il finissait quand même à en venir à bout et à maitriser sa machine à l’image d’un cheminot face à sa loco...

Accueil Sommaire